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Un salarié estpayé pendant ses congés et entre deux projets. Un freelance, non. Votre taux journalier moyen (TJM) doit donc financer vos charges, vos cotisations sociales et tous les jours où vous ne facturez pas. Fixé trop bas, il vous oblige à travailler plus pour gagner moins qu’en salariat. Voici comment le calculer à partir du revenu que vous visez, selon votre statut.
L’essentiel
• Le bon calcul part du revenu net souhaité et remonte vers le prix, et non l’inverse.
• TJM = (revenu net visé + cotisations sociales + frais professionnels) ÷ nombre de jours facturés.
• Un freelance facture rarement plus de 150 à 175 jours par an ; plutôt 120 la première année.
• Pour 4 000 € nets par mois et 150 jours facturés, comptez un TJM d’environ 500€ en micro-entreprise ou en EURL, et 630€ en SASU.
L’erreur la plus fréquente consiste à confondre chiffre d’affaires et revenu. Entre les deux, trois étages :
1. Les frais professionnels : assurance,logiciels, matériel, comptabilité, déplacements, mutuelle et prévoyance.
2. Les cotisations sociales, dont le poids dépendde votre statut.
3. L’impôt sur le revenu, qui dépend de votre foyerfiscal.
Dans cet article, « revenu net » désigne ce que vous percevez après cotisations sociales et avant impôt sur le revenu : l’équivalent du net à payer d’une fiche de paie.
1. Fixer votre revenu net cible
Partez de ce que vous voulez percevoir chaque mois. Nous prendrons 4 000 € netspar mois, soit 48 000 € par an.
2. Lister vos frais professionnels
Pour unconsultant qui travaille chez ses clients ou à domicile, le budget tournesouvent autour de 8 000 € par an :
• assurance responsabilité civile professionnelle ;
• mutuelle et prévoyance ;
• matériel informatique, logiciels, téléphone ;
• expert-comptable, banque, déplacements, prospection.
3. Ajouter les cotisations sociales selon votre statut
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En micro-entreprise, les cotisations se calculent sur le chiffre d’affaires et vos frais réels ne sont pas déductibles. Le régime est simple, mais plafonné à 83 600€ de chiffre d’affaires annuel pour les prestations de services. Au-delà de 37 500€, vous devez facturer la TVA. Le taux de21,2 % que l’on voit souvent cité concerne les prestations commerciales etartisanales, pas les consultants.
En EURL, le gérant associé unique relève du régime des indépendants. Ses cotisations sont plus faibles qu’en SASU, sa protection sociale un peu moins étendue, surtout pour la retraite complémentaire.
En SASU,le président est couvert comme un salarié, hors assurance chômage. C’est le statut le plus protecteur et le plus coûteux lorsque vous vous versez un salaire.
L’ACRE, qui allégeait les cotisations la première année, a été resserrée en 2026 :elle est réservée à certains publics, doit être demandée à l’Urssaf dans les 60 jours et ne réduit plus les cotisations que de 25 %. Mieux vaut ne pas bâtir votre TJM dessus.
4. Compter vos jours réellement facturables
Une année compte environ 250 jours ouvrés, week-ends et jours fériés déjà déduits.
Retirez :
• 25 jours de congés et 5 joursd’imprévus : il reste environ 220 jours travaillés ;
• 20 à 30 % de temps non facturé (prospection,devis, administratif, formation, périodes entre deux missions).
Il reste 155 à 175 jours facturables pour un freelance dont le carnet de commandes est plein. La première année, ou si vos missions sont courtes, retenez plutôt 120 jours.
Hypothèses : 48 000 € de revenu net annuel avant impôt,8 000 € de frais professionnels, hors ACRE.
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Trois enseignements :
• Le nombre de jours pèse plus que le statut. Passer de 120 à 150 jours facturés fait baisser le TJM nécessaire de 20 %.
• La micro-entreprise et l’EURL sont proches à ce niveau de frais. Si vos frais dépassent nettement 8 000 €, l’EURL prend l’avantage, puisqu’elle les déduit.
• La SASU coûte 20 à 25 % de plus quand toutle revenu est versé en salaire. Elle retrouve de l’intérêt en combinant salaire et dividendes : nous le détaillons dans notre article sur la rémunérationdu dirigeant.
À 75 500€ de chiffre d’affaires, la micro-entreprise approche de son plafond et vous facturez la TVA. C’est souvent le moment de comparer avec une société.
Vérifiez votre TJM face au marché. Le calcul donne un plancher. Le prix final dépend aussi de votre spécialité, de votre expérience et de la rareté de votre profil.
Pensez au forfait. Si votre expérience vous permet de livrer en trois jours ce qui endemande cinq à d’autres, facturer au temps passé vous pénalise. Un prix auforfait rémunère le résultat.
Revoyez votre statut quand votre activité change. Le bon statut à 40 000€ de chiffre d’affaires n’est pas le même à 100 000€. Notre comparatif entre micro-entreprise, SASU et EURL fait le point.
Quelle est la formule du TJM ?
TJM = (revenu net annuel visé + cotisations sociales + frais professionnels) ÷ nombre de jours facturés dans l’année.
Combien de jours un freelance facture-t-il par an ?
Entre 120 et180 jours selon l’ancienneté et le type de missions. Un consultant enmission longue chez un client peut dépasser 200 jours ; un indépendant qui enchaîne des missions courtes est plus proche de 130.
Mon TJM est-il hors taxes ou toutes taxes comprises ?
Un TJM s’exprime toujours hors taxes. Si vous êtes redevable de la TVA, elle s’ajoute sur la facture ; vos clients professionnels la récupèrent.
Comment passer d’un salaire à un TJM ?
Prenez le salaire net mensuel que vous visez, multipliez-le par 12, ajoutez vos cotisations et vos frais, puis divisez par vos jours facturables. Avec les hypothèses de cet article et 150 jours facturés, chaque tranche de1 000€ nets par mois ajoute environ 110€ de TJM en micro-entreprise, 115€ en EURL et 145€ en SASU, hors frais professionnels.
Fintek accompagne les consultants et les indépendants : choix du statut, simulation de revenu, comptabilité en ligne. Nous calculons avec vous le TJM qui correspond à votre situation réelle, impôt compris.